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Le mot du Président

Les membres du Conseil d’Administration du Comité d’Action Culturelle partagent une même exigence de qualité artistique. C’est pourquoi toutes les productions, j’entends par là les dossiers reçus, les œuvres présentées, font de plus en plus l’objet d’une sélection rigoureuse.

Nos priorités vont pour vous, membres de l’association et public, vers une qualité de l’œuvre exposée, favorisant ainsi l’innovation créatrice, en développant un éventail de différentes pratiques d’expression artistiques, et en mobilisant toujours par la même un plus large public. Un public nombreux car, comme les chiffres de visiteurs nous le montrent, il voisine entre 300 et 500 personnes par jour, ce qui dépasse largement les frontières de nos espérances. Un public attaché à l’échange entre le créateur et son œuvre.

L’artiste crée une œuvre faite pour toucher un public. Si, de son côté, il fait l’expérience de la création, du côté du public il y a une autre expérience complémentaire, celle du plaisir attaché à la contemplation. Le mot contemplation désigne un pouvoir de réceptivité qui relève d’abord de la vue, mais, dans la distance qu'il suppose, il est aussi relié à l’ouïe. Le public est le spectateur au théâtre, l’auditeur au concert, l'amateur de peinture, de sculpture qui visite une exposition. Disons que la contemplation est l'état de disponibilité dans lequel le public est supposé apprécier l'art. Il y a expérience esthétique, dans la mesure où il existe une forme de réceptivité à une œuvre. Celle-ci n’existe que chez l’amateur d’art, l'esthète, car il est facile d’observer que nous pouvons aussi être assez distraits, pour ne pas prêter attention à la valeur esthétique de tout ce qui nous entoure.

De quelle nature est donc cette sensibilité esthétique qui nous rend capable d’apprécier l’art et de l’aimer ? Le sentiment du beau, le charme de la beauté n’est pas le privilège de nos cinq sens. Nous éprouvons la beauté surtout sur le plan de la vue et de l’ouïe.

L’art contemporain finit par désigner la Vie elle-même comme une œuvre d'art. Danto dit que ce qui est proprement « essentiel dans l’art, c’est la capacité spontanée qu’a l’artiste de nous amener à voir sa manière de voir le monde – de ne pas uniquement voir le monde comme si la peinture était une fenêtre, mais le monde tel que l’artiste nous le donne ». C’est cette affection même qui est dans le regard qui est essentielle. « Nous ne voyons pas simplement une femme nue assise sur un rocher, comme le ferait des voyeurs… nous la voyons en tant qu’elle est vue avec amour grâce à la représentation magiquement enchâssée dans l’œuvre ».

Michel Folliot - Président du Comité d’Action Culturelle de Port-Bail Sur Mer